L’8 de Lausanne (FR)

Un projet de musique pour huit musiciens
Elaboré par : Niklaus Keller, Composition

Brève présentation
L’ensemble est formé des instruments suivants : un bugle, un saxophone ténor, un trombone, une guitare électrique, un vibraphone, un synthétiseur, und basse électrique et une batterie. Le programme comprend douze pièces d’une durée totale de 45 minutes.


Un concept innovant
Douze morceaux interprétés par un octuor racontent une histoire musicale à la manière des «groupes de musique». Chacune des douze pièces est destinée à l’ensemble de l’octuor et c’est cette instrumentation identique qui assure au programme sa forte cohésion. La musique peut être définie comme «transgenre» et assurément «tonale», bien que des bruits soient parfois utilisés en tant qui couche additionnelle contribuant au perfectionnement de la trame sonore.

Ni fondamentalement abstraite, ni fondamentalement concrète, la musique puise dans la diversité des traditions afin de séduire tant par son pouvoir émotionnel qui par sa facture rationelle. Malgré les liens qu’elle entretient avec la tradition, la musique échappe à tout conformisme schématique et s’affirme de par sa singularité et de par son indépendance.

L’innovation du projet réside dans la combination des genres musicaux et dans l’utilisation des procédés stylistique qui en est issue. A titre d’exemple, il est possible d’attribuer l’organisation du socle musical à l’ingérence de la musique classique – dite musique sérieuse-; celle-ci fournit également la tradition polyphonique capable d’engendrer une écriture à couches multiples (voir la pièce «Chrome Shuffle»). Si cette approche contrapuntique est généralement absente du jazz, celui-ci donne la manière dont l’improvisation est mise en oeuvre et la façon dont le «drive» se manifeste (en particulier dans la pièce «Recycle»). De plus, du jazz est également issue la technique des «voicings» qui consiste en un placement vertical et simultané des notes. Si cette technique du «drive»est plutôt absente de la musique sérieuse, le Rock, quant à lui, invite à une force propulsive toute particulière dans la pièce intitulée : «The Time For Renewal». Enfin, la musique dite «Pop» déploie le son dans son impact le plus immédiat; la pièce «Polytrigger» en donne un exemple éloquent.

Dans ce projet, le synthétiseur est utilisé afin que soit élargie la palette sonore et afin que se créent des ponts entre les genres évoqués plus haut. Par cet élargissement de la palette sonore, les ambiances sont diversifiées et affinées à un point tel qu’un son permet, à lui seul, l’évocation d’un décor. De tels procédés sont, du reste, monnaie courante dans la musique de film. Notre projet fait donc appel au ressenti collectif des auditeurs puisque partagé au travers de la culture populaire.

Intro, Take 3, edited version


Brazen Tracer, Take 7, Rough Mix, edited version

Un des points forts de cette réalisation réside dans l’interaction qui se forme entre les membres du groupe ; en effet, celle-ci engendre un «drive» et une énergie toute particulière. La réalisation de la musique est facilitée par la manière dont les difficultés techniques sont abordées. Dans ce contexte, la question de la transposition des notes par exemple, n’a plus lieu d’être posée. De cette simplification naît l’homogénéité d’un corps sonore prompt à faire éclater plaisir et énergie. Le projet peut donc être mis sur pied après seulement und semaine de répétition.


Le calendrier

LocationLes datesConfirmé
Schaffhausen, Haberhaus8. Dec. 2022, 20:30OUI

Autres spectacles :

Télévision suisse, un reportage de Roman Hošek, 2023

Festival Offbeat, Bâle, 2023


Présentation de sept pièces

Chrome Shuffle :
Cette pièce alterne passages traités en canon et passages harmoniques ; les premiers s’inspirent de la période baroque alors que les seconds, notamment pour leurs chromatismes, peuvent être considérés comme résolument modernes. Cette écriture en contraste intervient sur un «shuffle groove» interprété par la batterie. Si l’aspect contrapuntique peut aiguiser une curiosité analytique portant sur la conduite des voix par exemple, l’ensemble peut tout-à-fait susciter une réception émotionnelle.
Le début se présente sous la forme d’un canon circulaire à quatre parties qui expose l’entrée de chacune des voix à intervalle de tierce mineure. Tandis que le canon se développe, la batterie et le bugle font leur apparition. Ce dernier déploie sa propre mélodie d’essence chromatique. Dans la trame canonique, la voix jouée par le synthétiseur se distingue par sa qualité sonore ; en effet, celle-ci s’apparente à un son «pincé» qui alterne avec des accords à sonorité de cordes qui, eux, évoluent en notes longues. Ces deux qualités sonores qui se présentent en opposition sont agrémentées de «sons de sirène ACME 147».
A partir de la mes.61, le tissu harmonique se densifie ; ce qui se manifeste par un changement d’accord à chaque temps de la mesure. Dès lors, la progression harmonique se fait toutes les deux mesures de manière ascendante, mais toujours sur la base du même intervalle tierce mineure. Par la suite, les mélodies continuent leur développement progressivement pendant que, par additions successives, les accords forment une harmonie de plus en plus dense et de plus en plus accélérée.
Puis, dès la mes.77, le calme s’installe à nouveau par un mouvement descendant, toujours organisé à intervalle de tierce mineure ; les changements harmoniques interviennent alors seulement toutes les deux mesures.


A Summer Day In Retrospect :
Cette composition présente un aspect onirique, car, comme dans un rêve, les différents épisodes s’enchaînment sans lien apparent. Mise à part la ressemblance qui peut se lire entre le premier et le dernier épisode, les parties diffèrent non seulement par leur contenu thématique, mais encore par leur diversité de tempo. Néanmoins, cette mosaïque de caractères se fond dans un continuum musical dans lequel l’auditeur s’oriente tout naturellement par la concision mélodique qui s’offre à lui.


Dopo l’intro :
Dans une large mesure inspiré par un extrait du «Rheingold» de R. Wagner, la pièce peut être présentée comme un concentré harmonique d’une scène en particulier ; il s’agit de la scène qui précède l’entrée des dieux au Walhalla, lorsque, entouré de brumes mystérieuses, le dieu Donner balance son marteau. L’instrumentation magistrale et les procédés harmoniques propres à Wagner soulignent cette ambiance d’émerveillement avant qu’un coup de tonnerre ne mette abruptement fin à la scène.

Comme on le retrouvera plus tard dans le jazz et la musique Pop, Wagner développe un procédé harmonique qui consiste à utiliser des médiantes (telles que décrites théoriquement dans l’harmonie) de sorte que par un effet de dépolarisation tonale, la trame harmonique plonge d’auditeur dans un état intense de suspension et de mystère.

Dans le cadre de notre projet, il s’est agi de proposer une adaptation de ce procédé et un condensé que le morceau Dopo l’intro propose en 4’20’’. La dépolarisation harmonique est portée ici à sa mesure la plus longe possible puisque la pièce offre onze transpositions empruntées au cycle des douze quintes ; les formules wagnériennes sont ainsi reproduites dans leurs fonctions tonales de base (I → V, I → IV) ainsi que dans leur relation de médiante. Dans Dopo l’intro, toutefois, il ne s’agit pas d’un simple décalque du modèle, car nombre de modifications et changements se mettent en place afin que la composition trouve son cachet propre.


Chicken Chase, Recycle, Brazen Tracer et Moo! :
Ces quatre pièces invitent les interprètes à l’improvisation et ce, de manière variée.

Dans Chicken Chase, à l’exception de la fin, toute la pièce se prête a l’improvisation. Celle-ci peut être d’essence mélodique ou, comme dans le cas du trombone par exemple, faire intervenir des effets de bruits aussi concrets que ceux d’une voiture : effet d’accélération, de freinage ou de changements de vitesse par exemple.

Dans Recycle, l’improvisation porte sur la partie du «riff» qui commence à la mes. 5.

Dans Brazen Tracer, l’improvisation intervient de la mes. 52 à la mes. 59 où elle s’applique de manière très différente de ce qui se fait dans le jazz ; en effet, dans ce genre, l’improvisation se base sur une structuration des accords qui se lisent en addition verticale de tierces diverses. Dans notre procédé par contre, il s’est agi de proposer aux interprètes une approche au travers de mélanges d’accords reliés par une note pivot. Cette opération met à disposition des musiciens des gammes exotiques (gamme andalouse ou gamme hongroise par exemple) sur lesquelles ils basent leur improvisation. A titre d’illustration, l’addition des accords de „la majeur“ et „si mineur“ auxquels la note pivot „sol“ est ajoutée, engendre une gamme mixolydienne, particulièrement prisée en improvisation. Le concept étant qu’à l’image des «appoggitures», chaque phrase commence sur la triade supérieur et se termine sur la triade inférieure ; quelle que soit la superposition des accords choisie, la règle impose qu’aucune seconde mineure ne se trouve dans la structure ainsi obtenue. Les autres parties de cette pièce, quant à elles, sont élaborées sur la base de trois groupes de deux accords qui confèrent à l’ensemble son unité.

Dans Moo!, chaque partie est ouverte à l’improvisation qui se développe librement sur la grille d’accords que l’on trouve dans la pièce d’Arif Mardin : «Strollin’». Notre pièce est cependant agrémentée d’un supplément de voix.


Les interprètes
Au totale, neuf musiciens forment le groupe pour lequel le projet a été conçu. Actifs dans d’autres formations, les interprètes se connaissent et ont l’habitude de collaborer les uns avec les autres.


Niklaus Keller, composition et synthétiseur
Après un diplôme en percussion classique, il a étudié la composition avec Hans U. Lehmann et Paul E. Glass et a obtenu une maîtrise en composition à l’Université de Birmingham sous la direction de Jonty Harrison. Son travail polystylistique trouve son inspiration dans une grande variété de genres et de styles musicaux. Ses œuvres sont publiées par Müller und Schade à Berne.


Axel Lussiez, Drums
Né en 1991 à Paris, Axel Lussiez commence à jouer de la batterie dès son plus jeune âge. Grandissant dans une famille d’artistes, il suit son destin et poursuit ainsi des études supérieures à la Haute Ecole de Musique de Lausanne dans le département jazz où il obtient deux masters en interprétation et pédagogie instrumentale. Il perfectionne son art grâce à l’enseignement précieux de Marcel Papaux, Cyril Regamay, Emil Spanyi, Bänz Oester et Mathieu Michel. Axel Lussiez participe à de nombreuses master classes dont celles données par Eric Harland, Obed Calvaire, Gerald Clayton, Joey Baron, Joe Sanders, Aron Goldberg, André Charlier et Benny Golson. Actif dans le monde du Jazz ainsi que de la musique actuelle, Axel joue/a joué avec des projets et artistes tels que le Nicolas Ziliotto trio, No-mad Spirits (Amine Mraihi, Angel Demirev, Valentin Conus), Valentino Vivace, Noumoucounda Cissoko, Mamy Kanouté, Gypsy Sound System, Cauliflower, Jonas, Erwan Valazza 5tet, Rootwords, Zacharie Ksyk, Léon Phal, Taïs Diara, Gauthier, White Jive, Levis Reinhardt 4tet,. .. Il a eu l’occasion de jouer dans de nombreuses salles et festivals tels que le Montreux Jazz festival (CH), Festival de Jazz de Montréal (CA), Festival d’été Quebec (CA), Imperial Bell (CA), Sauti za busara (TZ), Festival de Verbier (CH), Staadtgarten (DE), Millo Verde Festival (ES), Les Jeudis Du Port (FR), L’usine (CH), Venoge Festival (CH), Caprice festival (CH), Balelec (CH), Sion sous les étoiles (CH), Festival Accords et à cris (CH), Château Rouge (CH), La Maroquinerie (FR), La Bellevilloise (FR), Cully Jazz festival (CH), Chorus club (CH), Tohu-Bohu festival (CH), Les Docks (CH), L’Uzine (GE), Festival de la Paille (FR), Festival des Garennes (FR), The Beaches International Jazz Festival (CA), Le moulin (FR), . .. Ainsi que de multiples tournées en France, Suisse, Allemagne, Espagne, Angleterre, Irlande, Canada, Belgique, Tanzanie, Kenya, Sénégal, Tunisie.
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Thomas Dobler, vibraphone
Il a étudié la batterie classique aux académies de musique de Zurich et de Strasbourg et a obtenu une licence de jazz à Paris. En 1998, il remporte le concours international CHAIN ​​pour l’interprétation de la musique contemporaine et en 2009 le Swiss Jazz Award. En 2011, il a été élu l’un des dix meilleurs vibraphonistes par les sondages American Jazz Station. Il est maître de conférences et directeur d’études au département jazz de l’HEMU Lausanne. Il s’est produit en soliste avec l’Orchestre symphonique MDR et l’Orchestre de chambre de Zurich. Dans le domaine du jazz, il tourne dans toute l’Europe. Il maintient l’interprétation du Great American Songbook, du swing des années 30 au bebop au postbop. Les Sidemen sont Dado Moroni (p), George Robert (sax), Reggie Johnson (b), Sangoma Everett (dr) et Andy Scherrer (sax).


Vinz Vonlanthen, guitare électrique
Études autodidactes et diplômé de la Swiss Jazz School Bern. En tant que leader et sideman, il parcourt l’Europe et le Japon avec divers groupes. Il a joué des concerts avec Barry Guy, Gerry Hemingway, Pierre Audetat, entre autres. Il a joué avec Bänz Oester dans le groupe Aventure Dupont. Depuis 2006, il enseigne la guitare, l’harmonie et le solfège à l’HEMU Lausanne.


Jean-Pierre Schaller, basse électrique
Diplôme professionnel au département jazz du Conservatoire de Montreux. Bassiste, compositeur et arrangeur dans divers groupes. Enseigne la basse, la rythmique et le jeu d’ensemble à l’HEMU Lausanne. Il joue également dans le groupe Les Visiteur avec Vinz Vonlanthen et François Christe.


Yannick Barman, bugle


Valentin Conus, saxophone ténor


William Jacquemet, trombone
Né en France près de Grenoble en 1984. Il est détenteur du Master en Pédagogie spécialité Trombone Jazz de la Haute Ecole de Musique de Lausanne. Egalement guitariste et bassiste électrique, il affectionne particulièrement ces deux instruments dont il a fait l’apprentissage en autodidacte. Désormais actif dans le Jazz et les musiques actuelles en Suisse, il est musicien de studio, soliste, arrangeur, et enseignant. C’est dans les musiques actuelles (Jazz, Electro, Afrobeat, Musiques Jamaïcaines, Afro-Cubaines, Expérimentales) que William exprime pleinement ses talents. On peut l’entendre sur les scènes de prestigieux festivals tel que : Le Montreux Jazz, le Cully Jazz, le Paleo Festival … Il a déjà eu l’occasion de rencontrer et d’accompagner quelques grands noms du Jazz tels que : Benny Golson, Alex Sipiagin, Robert Bonisolo, Didier Lockwood. Il évolue notamment dans les formations suivantes : PROFESSOR WOUASSA (AfroBeat), L’ORQUESTA LA PUNTUALIDAD (Salsa), THE BIG UP’ BAND (Big Band/Jazz) etc


Nicolas Ziliotto, synthétiseur
Nicolas Ziliotto est un pianiste de Jazz Français basé à Lausanne (CH). Ayant commencé par un parcours à moitié autodidacte, il entre à l’âge de 17 ans à la Haute École de Musique à Lausanne. Il profite de son expérience et de ses rencontre avec des professeurs de renoms tels qu’Emil Spanyi, Dado Moroni, Félix Sabal-Lecco, Bill Carrothers, ou encore Matthieu Michel, pour jouer dans de multiples projets de la région franco-suisse, et de rayonner à travers ses talents de compositeur et de concertiste. 
Son projet personnel Trio & Strings lui vaut la partitipation au ZKB JazzPreis Zurich en 2020, la victoire du tremplin CosmoJazz 2020, et la victoire du Tremplin JazzContreBand 2021. 
Son premier album « Inner Chants » sort en 2022, avec de nombreuses dates telles que Jazz à Vienne, JazzContreBand, Jazz sur la Plage (Geneve), Jazz Onze+ (Lausanne), Chorus JazzClub (Lausanne), Cave Marignac (Lancy), Sunset Sunside (Paris), Baiser Salé…
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